Cordes grésillantes et chevalets plats

Cordes grésillantes

Il est une catégorie d’instruments à cordes fascinante, au son étrange et envoûtant, où se retrouvent luths indiens, lyres éthiopiennes et mauvaises guitares mal réglées, les cordes « grésillantes ».

Ces instruments utilisent généralement un chevalet plat, pour que la partie inférieure de la corde vienne battre légèrement contre la partie plate, provoquant ce « buzz » si caractéristique.

Instruments indiens

Les maîtres dans l’art du grésillement subtil sont sans conteste les instruments indiens. Sitar, surbahar, rudra vina, vichitra vina, saagar vina… Tous utilisent des chevalets similaires.

C’est la partie inclinée, appelée jawari, qui permet le grésillement, la corde vibrante venant effleurer le chevalet.

Le sitar par exemple utilise deux chevalets plats, le chevalet supérieur pour les cordes de jeu, le chevalet inférieur pour les cordes sympathiques (cordes non pincées entrant en résonance par l’effet la vibration des cordes de jeu, par « sympathie »).

La tampura, luth à 4 cordes jouées à vide pour créer un bourdon, permet un réglage encore plus fin à l’aide de ficelles passées sous les cordes, que le musicien déplace pour obtenir le son souhaité.

Autres chevalets plats

Un de mes grésillants préférés, la lyre Begena d’Ethiopie, jouée à une seule main, elle accompagne généralement le chant.

Le système est le même que sur la tampura indienne, les pièces de cuir surélèvent la corde pour lui permettre de grésiller sur le chevalet plat.

 Le joueur de koto Scott Jordan joue ici une de ses créations, appelée sawari koto, une pièce rajoutée sur la cithare japonaise lui permettant de donner un effet grésillant aux cordes, appelé sawari en japonais.

Chevalet mobile

La trompette marine et la vielle à roue utilisent un autre système pour obtenir un son grésillant, ce n’est pas la corde qui entre en contact avec le chevalet, mais le chevalet mis en vibration par la corde qui va frapper la caisse de résonance. Le chevalet en question a une de ses pattes fixée à la caisse, l’autre laissée libre va venir frapper la caisse à la fréquence de vibration de la corde, et ajouter un « bruit », qui rappelle fortement le son saturé d’une trompette.


 La trompette marine, qui n’a en fait rien à voir ni avec la trompette ni avec la marine, est une grande cithare à corde frottée et chevalet mobile, qui se joue principalement à vide ou avec les harmoniques naturels de la corde, un bien étrange instrument venu de du XVIIe siècle.

 La vielle à roue, en plus de ses cordes mélodiques et ses cordes de bourdon, possède une corde passant sur un chevalet mobile, le chien.

Ce chevalet mobile est à l’origine de ce son saturé permettant un jeu rythmique basé sur le coup de poignet du musicien lorsqu’il tourne la roue, rendant le jeu de la vielle à roue extrêmement subtil et riche.

N’hésitez pas à compléter la liste en commentaire,  j’y inclurai mes propres prototypes lorsqu’ils seront prêts,

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A propos Nicolas Bras 13 Articles
Homemade instrument builder, rare instrument seeker / Concepteur d'instruments de récup', chercheur d'instruments rares

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